Pour un jardin qui s’adapte au changement climatique

Avec la récurrence des épisodes caniculaires dus au réchauffement climatique, il est temps et nécessaire de penser nos jardins pour qu’ils s’adaptent à de nouvelles situations climatiques. Et devenir ainsi un jardiner responsable ! Pensez aujourd'hui que le jardin de demain implique d’adopter de nouveaux modes de jardinage, de repenser l’aménagement de nos jardins et des espèces qu’on y plante, de renouer avec des modes de jardinage traditionnels et d’adopter une gestion économe de l’eau. Voici les conseils à suivre, recueillis grâce au livre de Pierre Nessmann, horticulteur et formateur de maître jardiniers !

Livre de Pierre Nessmann, Mon jardin s’adapte au changement climatique

Adopter de nouveaux modes de jardinage

Notre planète a chaud : plus qu’un constat c’est une alerte que détaille Pierre Nessmann dans son livre Mon jardin s’adapte au changement climatique (éd. Delachaux et Niestlé). Et les effets sur les végétaux sont là :  la végétation est de plus en plus précoce, les plantes exotiques s’accommodent des climats du nord, certaines espèces gourmandes en eau sont appelées à disparaître… Il est donc temps d’adapter nos pratiques de jardinage, entre bon sens et sélection de plantes endurantes à la sécheresse.

 

Planter au rythme des saisons 

Quelle est la meilleure saison de plantation ? Elle est bel et bien celle de l’automne car comme le dit le dicton « À la Sainte Catherine, tout bois prend racine ! ». À l’automne, les végétaux s’adaptent le mieux à leur nouvel environnement en profitant d’une terre encore chaude pour développer leur système racinaire. Les deux saisons suivantes leur laissent aussi le temps de se consolider en prévision d’éventuels épisodes caniculaires.

 

Privilégier la culture en pleine terre

Quand cela est possible. En pleine terre, les plantes et végétaux développent un système racinaire bien plus profond et dense. C’est un ancrage solide qui les protège contre les épisodes de grande sécheresse. En pleine terre, les plantes sont plus à même d’aller puiser l’eau et l’humidité là où elles se trouvent. Si vous êtes en ville avec un balcon ou une terrasse, oubliez les pots en plastique ou en polypropylène et optez pour la terre cuite, poreuse et respirante. 

 

l’automne est la meilleure saison pour les plantations

Boostez les végétaux en plantant dans les règles de l’art

Plantez en donnant toutes leurs chances à vos végétaux de trouver les ressources manquantes par eux-mêmes : 

  • Encouragez un enracinement en profondeur en creusant un trou bien plus large et profond que la motte à planter. 

  • Décompactez à l'aide d'une griffe et ameublissez minutieusement la terre pour faciliter le déploiement des racines en tous sens.

  • Déposez en fond de trou une couche d’humus : elle guidera les racines vers le fond à la recherche de nutriments pour sa croissance. 

  • Éliminez une partie du feuillage à la plantation pour équilibrer avec le système racinaire et limiter l’évaporation par les feuilles dans les mois suivants.

Limitez la déshydratation des végétaux

En protégeant vos plantations des deux facteurs naturels de déshydratation les plus intenses : le soleil et le vent. 

  • Protégez la sève de vos arbres et arbustes récemment plantés en entourant leur tronc d’une toile de jute ou d’un géotextile.

  • Pour éviter la déshydratation importante par le feuillage des jeunes sujets, installez un écran pare vent temporaire en canisse, brande de bruyère, roseau ou bois.  

 

Une gestion économe de l’eau pour l’arrosage

Denrée précieuse, l’utilisation de l’eau bénéficie de toute notre attention au jardin. Voici au moins 7 bonnes pratiques simples à mettre en place (et gratuites pour certaines) :

  • L’apport d’humus, de terreau ou de tourbe aide à retenir l’eau dans le sol grâce à leur composition fibreuse. 

  • Les adventices ou mauvaises herbes concurrencent les plantations ornementales en pompant l’eau de pluie ou d’arrosage en premier. On veille donc à désherber le sol à la plantation.

  • « Un binage vaut deux arrosages » : on décompacte la terre régulièrement en surface à l’aide d’une serfouette ou d’une griffe pour faciliter l’infiltration de la pluie en profondeur. 

  • L’arrosage goutte-à-goutte est l’arrosage le plus économe qui soit avec une distribution de l’eau sur-mesure et à la goutte près. 

  • Créer une cuvette de terre autour du pied de la plante permet une infiltration progressive de l’eau et d’éviter son ruissellement à l’arrosage vers d’autres zones. 

  • Un arrosage copieux tous les 4 jours vaut mieux qu’un arrosage en surface tous les jours ! Il offre une hydratation en profondeur qui pousse les racines à descendre.

  • Enfin, on ne vante plus les mérites du paillage organique ou minéral qui maintient un taux d’humidité important dans le sol !

Les plantes du bassin méditerranéen endurantes à la sècheresse

Choisir des plantes résistantes à la chaleur et à la sécheresse

Pour que nos jardins s’adaptent au changement climatique, on sélectionne des plantes qui portent en elles les qualités pour supporter la sécheresse et les situations d’hydro stress : 

  • Des plantes avec une faible couverture foliaire comme les conifères et leurs aiguilles, des arbustes aux feuilles étroites (le yucca, l’aloé vera), sans feuilles comme les cactées.

  • Les plantes originaires du bassin méditerranéen, endurantes aux sols secs : la lavande, le thym, le romarin, le millepertuis. 

  • Les arbres et arbustes qui se défendent du soleil et des trop fortes chaleurs grâce à leur feuillage : l’acacia dont les feuilles se referment sur elles-mêmes, le laurier sauce et le pittosporum aux feuillages très épais, la coronille glauque au feuillage bleuté, la ciste pulvérulent et l’immortelle d’Italie dont les feuilles sont recouvertes d’un duvet ou encore tous les végétaux au feuillage pruineux qui captent l’humidité d’une rosée matinale.

Pour aller plus loin, découvrez Le livre de Pierre Nessmann, Mon jardin s’adapte au changement climatique, éditions Delachaux et Nestlié, 2021.

 

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